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jeudi 3 juillet 2014

Qui est le plus grand ?








C'est bien cela, Seigneur !
Rien n'a changé....
l'homme est aussi pécheur que quand Tu marchais sur la terre !

Oui, hélas, c'est bien cela.

Ton Eglise, Elle, est toujours jeune de son espérance.
Mais dans ses membres, elle vieillit.
Sur le vieux continent en tout cas (pour le reste, je ne sais trop),  il n'y a presque personne à la Messe ; tes prêtres prennent "du repos" le lundi et ne célèbrent pas la Messe pour les quelques-uns qui iraient...

Peut-on Seigneur, vouloir se reposer de la Messe ?
Le ministre n'est-il pas serviteur de l'Eucharistie ?
Jésus-Eucharistie, qu'il sert parce qu'Il est Dieu... et qu'il sert à son peuple... parce que le peuple a Faim et Soif !
Oui, l'Eglise fait l'Eucharistie... mais l'Eucharistie fait l'Eglise !

Et Ton Eglise, Seigneur, elle est en agonie...
Le sang perle et ruisselle sur son corps, ce sang qui lui vient de l'angoisse mortelle où ses ennemis la jettent. Comme Toi, un certain Jeudi Saint...
Dans le Jardin de Gethsémani...
Juste après t'être donné, totalement, au Cénacle au cours du repas pascal.
D'où l''un d'entre tes disciples est parti. Pour te livrer....
Mais pas avant que Toi, Tu ne te sois livré Toi-même, pour nous....
Livré d'avance : la Passion est dès lors réalisée... sous un mode sacramentel mais réel.

Et pendant ce temps-là, au milieu de Tes adieux bouleversants... tes disciples, Seigneur, tes proches... les grands, les colonnes de l'Eglise... ils parlent entre eux pour savoir qui d'entre eux était le plus grand. 
Le plus grand, Seigneur !
Le plus grand... ! après que Tu leur aies tant de fois révélé que ton Coeur est pour les petits...pour les pauvres... pour les sans appui...!

Tes évangélistes le soulignent bien... Ils te laisseront seul dans l'Agonie, eux dormiront.., parce que, pendant l'Institution de l'Action de grâce, de l'Eucharistie, pendant l'anticipation de ta Passion, ils étaient ailleurs.
Toi Tu étais d'En Haut, mais eux, d'en bas.

Toi Tu n'es pas de ce monde, mais eux, à ce moment précis, ils étaient du monde... le monde de ces hommes à qui Tu as pu dire : "comment pourriez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres et de la Gloire qui vient du seul vrai Dieu,vous n'avez nul souci."
Oui, ils sont bien de ce monde, eux dont l'âme est appesantie par la recherche de la première place avec la comparative ! Etant dans la division du multiple des comparaisons, comment pourraient-ils être capables dès lors d'être UN avec l'UNIQUE.

Même si dans ta grande Prière, Tu peux dire l'inverse, après les bouleversants adieux... pendant que Toi, Tu t'es livré, eux se regardent... regardent la gloriole.
La gloriole religieuse... la pire !

Comme aujourd'hui, Seigneur...
Le saint est au tombeau, invisible... et ses "disciples" se déchirent... pour imposer par la ruse ou par la force "qui est le plus grand parmi eux", parmi elles...

Il n'y a que Marie qui se tait, qui se laisse faire, qui ne magouille pas, qui ne s'interroge pas sur sa place...
Qui garde tout dans son Coeur.
Son Coeur Immaculé.
Son Coeur si pauvre...
Son Coeur mendiant d'Amour... seulement d'Amour...

Ton Eglise, Seigneur, est en agonie...  agonie de l'âme...  et du corps...

Puis cela va être (et c'est déjà dans bien des endroits s'étendant de plus en plus sur tout le Corps Mystique) sa condamnation à mort, sa flagellation, son couronnement d'épine (oui, d'épines ! les épines de la dérision et des moqueries, du cynisme et des ricanements),  puis le portement de son instrument de supplice.
Jusqu'à la  mise en croix (ceux qui vous tueront croiront rendre un culte à Dieu : ils en arriveront là pour n'avoir connu ni mon Père ni moi...), et de l'apparent abandon de Toi, son Dieu...

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonnée ?! 

Pourquoi as-Tu abandonné ton Eglise, celle qui t'a obéi, qui traverse toute la déréliction, toutes les moqueries, toutes les diffamations y compris celle qui la désignent comme LA coupable contre Dieu... faisant porter sur elle tous les péchés des autres... pour la tuer à petit feu, pour la dénigrer... pour que son message ne passe pas... pour la condamner à la mort atroce de la lente usure, celle de l'emprisonnement, celle de l'ostracisation...
Pourquoi...?

Pourquoi, Seigneur, as-tu abandonné apparemment ton Eglise, la fidèle, celle qui ne cherche que Toi, celle qui n'aime que Toi, celle qui est torturée pour Toi ? Celle qui s'est faite obéissante jusqu' à la mort.... à Toi... pour Toi...
Pendant que tout sourit à qui fait ce qu'il veut...
Pourquoi ?

Et, finalement, la mise au tombeau... où tout apparaît fini.
Où seul le silence absolu du dépouillement du coeur veille...
la mendiante...
Marie...



mardi 24 juin 2014

Un pain donné pour changer la vie



Si nous nous éprouvons bien nous-mêmes, avant de le recevoir, comme le recommande Saint Paul, si nous le recevons dignement, Dieu lui-même nous assimile à lui. Ceci arrive lorsque nous savons nous dépouiller de notre propre moi, lorsque nous cessons, en quelque sorte d'exister pour tout ce qui n'est pas Dieu. Mieux les aliments que nous mangeons sont assimilés, plus ils cessent d'être ce qu'ils étaient avant d'être consommés.

Veux-tu savoir alors si Dieu s'est bien nourri de toi, s'il a pu t'assimiler à lui ? Vois donc si tu le sens présent en toi et si tu te sens en lui. Car il dit : « Qui mange ma chair et boit mon sang, celui-là demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6,56).

Si tu veux que le Seigneur puisse t'assimiler, il faut que tu cesses d'être ce que tu es, comme la nourriture doit être transformée en celui qui la mange.

Veux-tu être vraiment changé en Dieu ? Laisse ce que tu es ! Il te faut pour cela, t'approcher souvent du Sacrement de l'autel. C'est lui, le Christ présent dans ce sacrement, qui t'attirera, de telle sorte que ton vieil homme sera peu à peu intérieurement transformé.

Ce Pain spirituel que tu manges dans l'Eucharistie te séparera peu à peu de tout toi-même. Examine donc si, après avoir mangé ce Pain, ton cœur est plus détaché de tout ce qui n'est pas Dieu. Si la vie qu'il t'a communiquée ainsi a pénétré tout ton être, tes sens, tes habitudes, tes paroles et tes actions. Alors le Sacrement du Pain consume et rejette de toi ce qui est mauvais. Dieu entre vraiment en toi. Et il manifeste sa présence dans toute ta conduite, ton amour, tes pensées et tes intentions (...). Il change l'homme que tu es ; toute ta vie est alors façonnée et dirigée par Dieu ; vers lui nous sommes attirés et par lui assimilés.

Jean Tauler o.p

lundi 23 juin 2014

Le Ressuscité est toujours là






Le Ressuscité est toujours là !

Christ n'est pas présent au monde à la manière d'un fluide diffus dans l'espace.
Ressuscité corporellement, il vient par des chemins bien tracés.
Multiples sont ces chemins. Maître du monde par sa Résurrection, Christ y entre par diverses portes.

Il s'y rend présent par le sacrement fondamental, l'Eglise qui est son corps.
Par la Parole des Ecritures et la prédication authentique de la foi, qui est une irradiation de la gloire du Ressuscité.
Tous les moyens de salut sont des chemins de la venue, des formes de l'apparition, des lieux de la rencontre pascale.

De cette venue et de cette communion, l'Eucharistie est le sacrement éminent.
Elle est la fidélité manifeste de Jésus à sa promesse : je viens à vous. (Jn 14,18.28)...

C'est comme présence du Christ à l'Eglise que l'Eucharistie a été vécue par les premiers chrétiens qui, disent les Actes des Apôtres, rompaient le Pain à la maison en allégresse et simplicité de cœur (Ac 2,46).
Dans la joie, qui est celle de la rencontre du Ressuscité, celle du jour ultime.

Dans la suite, c'est le premier jour de la semaine qu'ils se réuniront, en ce jour pascal de Résurrection et d'Apparition.

Aujourd'hui, Jésus ressuscite, en notre monde, dans la visibilité de ce signe...
Jésus est vivant...
Christ n'apparaît pas, en effet, dans le sacrement, vingt siècles après la Résurrection.
C'est dans l'acte même de sa Résurrection qu'il vient, qu'il apparaît dans la foi, par l'unique action divine qui le glorifie pour nous...

Par le Pain et le Vin consacrés, Christ ressuscité vient à la rencontre de l'Eglise en ce monde.

François-Xavier Durrwell

dimanche 22 juin 2014

C'est à notre foi que le Seigneur livre son corps









Quand le pain devient le corps du Christ et le vin son sang, 
rien ne semble se passer pour l'incroyant.
  
Le mystère révélé par le ciel dans l'eucharistie n'est accordé qu'à la foi.

Mais ce qui est à l'origine de la transsubstantiation,
ce n'est pas la foi de l'individu qui assiste à celle-ci, 
cette foi qui lui est transmise par l’Eglise ; 
là c'est le ministère de l'Eglise
dans laquelle s'instaure une liaison immédiate entre le ciel et la terre.

Ainsi la transsubstantiation est-elle distincte de la communion : 
la transsubstantiation est un mystère du Seigneur,
offert à l’Eglise,
qui s'opère par le ministère, 
sans qu'y intervienne la foi du célébrant…

On peut dire que le miracle de la transsubstantiation se vérifie dans l'Eglise : 
et cela, non en vertu de la foi de l'Eglise, 
mais en raison de la promesse du Seigneur faite il y a des milliers d'années.

Ce qu'il a promis comme homme, il le tient dans le ciel ;
c'est un don sans retour.

Mais il ne le donnerait pas si, à travers les siècles, l'Eglise n'avait pas la foi 
par laquelle elle se trouve dans une ouverture constante sur le ciel
et dans une communion avec lui : 
c'est à cette foi que le Seigneur livre son corps 
qui a le pouvoir de transformer ceux qui le reçoivent
et d'agir en eux en tant que vie éternelle…

Au fond, il n'a fait qu'un pas de plus :
autrefois il vivait au milieu de nous ; maintenant il vit en nous.

Il a implanté le mystère de son incarnation dans chacun des fidèles.

Et c'est à partir de chacun d'eux qu'il agit ; 
il transporte maintenant en eux,
par la communion,
le point de réverbération du ciel…

Un reflet du ciel jaillit en un point du monde, 
 d'une lumière sans atténuation, sans accommodement, 
et dotée du pouvoir de transposer l'homme
avec toute son activité
dans le ciel.
  
Adrienne von Speyr, in Les portes de la vie éternelle (Ed. Lethielleux)



 

jeudi 12 juin 2014

Esprit d'Amour !





Esprit d'Amour, sois adoré, glorifié, contemplé, aimé infiniment !
Puisses-Tu être pleinement reçu en nous, en Ton Eglise que Tu as créée, à qui Tu donnes vie, que Tu conduis, que Tu animes et réanimes.

Esprit d'Amour, viens une nouvelle fois en elle !

Rappelle-lui le beau jour, le grand jour de son Institution...
Ce Grand Jeudi d'Amour où son Epoux s'est agenouillé devant elle pour la laver une nouvelle fois alors qu'elle a déjà été régénérée par le bain... "Vous aussi, vous êtes purs... mais non pas tous". 
Il s'est agenouillé devant l'Ami comme devant le futur renégat, devant les lâches comme devant le traître...
en ce grand et saint soir, intime parmi les intimes, où l'Amour s'est donné d'avance... s'est livré avant d'être livré...

Ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne...

Et c'est vrai : nul ne la lui a prise. Ni les pécheurs, ni le traître, ni les lâches, ni les renégats... ce ne sont pas les péchés qui font l'offrande d'une vie. C'est l'Amour. L'Amour seulement.

L'Amour seul est source de Vie.
L'Amour seul est Vérité. Car Dieu est Amour.
C'est pour cela que l'Amour seul et digne de Foi.

En ce Grand Soir où Il s'offre sous le mode sacramentel avant d'être mis en croix parce qu'Il l'a bien voulu, Il s'est donné en nourriture pour nous.
Et il l'a fait par Toi, oh, Esprit d'Amour.

Aussi est-ce pendant l'épiclèse qu'a eu lieu le miracle eucharistique de Lourdes en 1999, quand la sainte Hostie s'est élevée devant toutes les caméras de TV qui l'ont filmée en même temps que la Messe célébrée à l'autel  par les trois Cardinaux, Billé, Lustiger et Eyt. C'est au moment de l'épiclèse,  où ils ont invoqué la puissance du Saint-Esprit...

Comme pour souligner que l'Eucharistie, comme l'Incarnation, et la Rédemption dans son application à chacun de nous, est aussi Ton Oeuvre, oh Esprit d'Amour, douce Colombe reposant sur l'Agneau... Feu Divin transfigurant l'humanité du Fils Bien-Aimé...

C'est par Toi que se réalise le grand miracle de la Transsubstantiation pour rendre présent le Mystère du Don Sacramentel,  le mystère de l'Action de grâce,  le Don du Pain de Vie...

Car c'est bien l’esprit qui vivifie, la chair ne sert à rien - sauf quand elle est immolée, offerte, transsubstantiée, donnée, livrée...

Oh, Amour de l'Amour, répands-Toi en nous ! fais-nous recevoir et vivre l'Eucharistie... et tous les sacrements qui, tous, sont fruits du Don septiforme...
Sept sacrements par où "les sept esprits de Dieu en mission par toute la terre", par les sept dons peuvent guérir l'homme de ses sept péchés capitaux et sanctifier chaque jour de son temps, le rendant toujours plus conforme aux sept demandes de la Prière du Seigneur.

Alors, Esprit d'Amour viens, que rien ne te retienne, que Tu puisses être donné et reçu en plénitude !

Marie, oh Mère, enlève tous les obstacles qui, en nous, empêchent de recevoir l'Amour Unique et septiforme, qui a consolé divinement et transfiguré en gloire, Tes sept douleurs... oh, Mère du Bel Amour, fais que nous recevions cet industrieux Amour du Dieu Amour !

Alors, oui. Alors, et alors seulement, la vie sur cette terre vaut la peine d'être vécue, même dans notre monde parti  pour sa perdition. "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit, reçoive par lui la Vie Eternelle." 

Mais, oh,  Esprit d'Amour, fais-nous entendre cette Parole ! Car Dieu n'a pas aimé le monde pour qu'il reste ce qu'il est et continue à égarer les âmes sous l'influence du prince de ce monde, mais pour qu'il croie et reçoive par Jésus la vie Eternelle.

Or, "la Vie éternelle c'est qu'ils te connaissent toi le SEUL véritable Dieu et ton envoyé Jésus Christ."

Et nous, "nous avons vu l'Amour de Dieu parmi nous.Et nous y avons cru".

Dieu est Amour.


vendredi 30 mai 2014

Attendez : la victime n'est pas coupable !


Arrêtez de prendre tout le temps quelqu'un en otage !
Arrêtez de susciter d'abord pour frustrer ensuite !
Bref, arrêtez vos manips !
De ces états affectifs que vous avez vous-même provoqués, arrêtez de vous en servir pour faire avancer votre schmilblick à vous !

Quand ton ami te largue, attends... le gosse que tu portes n'en est pas coupable, il est victime ! Il ne mérite pas la mort.

Quand ton mari te bat, quand t'es seule avec les mômes, attends ! Ne laisse pas te les prendre, vous n'êtes pas coupables, ni toi, ni eux ! Vous êtes victimes ! Victimes de sa faiblesse, des circonstances peut être... mais vous n'êtes pas coupables, ne vous laissez pas punir ! Vous avez droit à être une  famille, vous avez droit à rester ensemble, vous avez droit à tous les services sociaux pour cela.
Ne vous laissez pas instrumentaliser, même pour une lutte juste ! Votre vie, c'est votre vie ; vos droits, c'est vos droits !

Quand ton fils a un handicap, t'as le droit de le garder. Il n'est pas coupable, il n'a pas à être condamné à mort ! Ni toi au deuil jusqu'à la fin de ta vie et à la culpabilité, à te demander chaque jour ce que tu aurais pu faire de plus pour lui ! Non, il est victime d'un accident, il n'est pas coupable, il n'a pas à être objetisé, infantilisé, instrumentalisé, encore moins condamné à mort quelle que soit cette mort. Il reste ton fils ! Ne te laisse pas et ne le laisse pas instrumentaliser dans un combat socio-politique, pour ou contre l'euthanasie.
Il est victime, il n'est pas coupable, il a droit à sa vie avec toi et tu as droit de le garder près de toi comme n'importe quelle mère. T'as droit aux soins pour lui, à tous les services pour handicapé. Personne n'a le droit de disposer de sa vie à un moment où la peine de mort a été abolie même pour des coupables.
Mais, je te le rappelle : ton fils handicapé, il est une victime. Pas un coupable.

Ton curé est mis en examen pour des comportements répréhensibles ? Il n'est plus dans votre paroisse ?
Attendez ! vous n'êtes pas coupables ! Vous avez droit à la célébration de l'eucharistie comme n'importe laquelle des autres paroisses ! Il n'est pas normal de vous en priver comme si vous étiez collectivement les seuls responsables de ses torts ! On n'a pas à vous "faire sentir" la gravité d'un fait qui ne vient pas uniquement de vous ! Même si tous nous pouvons nous reprocher de ne pas l'avoir protégé contre les tentations.
Globalement, vous êtes tout de même des victimes,  pas des coupables, pas, en tous cas, les seuls coupables.
Il y a des prêtres qui viennent vous voir pour en parler ? Fort bien : qu'il vous proposent, après la parlotte, la célébration eucharistique pour qui veut ! Certes, c'est un don gratuit de Dieu. Mais gratuit pour tous : pour les prêtres comme pour les fidèles !  Un droit sacré pour des fidèles et un service obligatoire pour les 'ministres' qui sont vos serviteurs.

Quelqu'un t'attire et te fait croire monts et merveilles d'amour, de fidélité - puis te reproche d'y croire ? Attends ! Ne te culpabilise pas ! Ce n'est pas toi qui es naïve, c'est lui qui dévoie l'amour !
Tu es victime. Pas coupable !

Au fait : connaissez-vous le père Hans-Urs von Balthasar ? vous savez, ce théologien géant qui finit par arriver presque à nous faire comprendre qu'il est juste de croire à l'Amour. Et même : que c'est croire à l'Amour qui seul est juste, fidèle et vrai.

Oui.

"L'Amour seul est digne de foi" !

jeudi 22 mai 2014

"Donne-moi à boire"




J'ai soif.

Bien sûr, j'ai soif d'eau, comme tout le monde. Notre corps est composé de 70 % d'eau. Personne d'entre nous ne peut vivre plus de quelques jours sans boire. Les symptômes de la déshydratation sont d'ailleurs terribles. Il y a là-dessus de multiples écrits, il n y a pas besoin de s'appesantir dessus, gloups....

Donc nous avons tous soif d'eau. Heureusement, les médecins nous recommandent de bien boire. Sinon...

Bien boire d'ailleurs, c'est bon pour le cerveau, c'est bon pour les yeux, les oreilles, les sens, les reins, c'est bon pour les nerfs, le cœur, les vaisseaux et encore pour beaucoup de choses. Finalement et pour faire bref : c'est bon pour tout. Aux jeûneurs, d'ailleurs, on recommande de boire. Tous, ils savent ou sentent qu'ils doivent boire s'ils veulent un jeûne véritable.

Mais j'ai soif d'autre chose. Vous aussi je présume. Soif de connaître, soif d'être aimé, et j'espère encore plus, d'aimer. Soif de vivre de la vraie Vie. Soif de l'eau vive. Vous savez, cette eau vive qui nous a été promise par Jésus : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive, celui qui croit en moi... de son sein couleront des fleuves d'eau vive». Alors que la Sagesse disait auparavant : « qui me mange aura encore faim, qui me boit aura encore soif », à la Samaritaine, après qu'il lui ait demandé à boire, Jésus affirme pourtant... « Qui boit de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ». Et nous savons d'expérience de Foi la vérité de ces promesses, même si Celui qui les a faites meurt sur une croix dans un cri qui accomplit toute l'Ecriture : « J'ai soif »...

Soif de quoi ? De tout donner, de tout nous donner, à moi... à toi... à nous... à nous tous !

Tuer quelqu'un par la déshydratation, ce n'est pas une bonne mort (« eu », bon et « thanatos », mort).
C'est un assassinat dans des souffrances atroces. Ni plus, ni moins. Mourir de soif n'est donc pas mourir par  euthanasie car mourir déshydraté n'a rien de bon. Vous n'avez qu'à creuser quelques sites sur l'euthanasie pour vous en convaincre sans faire vous-même cette expérience qui n'a rien de plaisant.

Quant à moi, comme cela, j'avoue qu'à l'heure qu'il est, j'aime mieux vivre que mourir : "je n'ai que cette vie pour grandir dans l'Amour".

Aussi trouvé-je que la bonne mort, c'est celle qui vient par la nature et donc par la volonté de Dieu. Aucune autre mort, surtout provoquée activement ou par omission (de donner à boire, par exemple), aucune mort provoquée n'est bonne.

Je sais bien qu'il y a des prophètes qui demandaient au Seigneur « prends ma vie car je ne suis pas meilleur que mes pères et mieux vaut pour moi mourir que vivre » mais moi, petit descendant de ces grands prophètes, j'avoue que j'aime la vie. Mais surtout la Vie. Celle de Dieu en moi.

Heureusement que les deux sont compatibles !

Grâce à Dieu !

mercredi 21 mai 2014

Et le jeûne ?



les avantages du jeûne
Le jeûne ?
Au fait : faut-il jeûner ou non ?
Cela dépend : il y a jeûne et jeûne. Parce qu'il y a le jeûne hygiénique, le jeûne esthétique, le jeûne sportif, le jeûne artistique, le jeûne par obligation professionnelle, le jeûne par obligation religieuse, le jeûne ascétique. Evidemment, il y a aussi le jeûne spirituel... mais chut...

Donc il y a le jeûne hygiénique, ou médical, c’est pour nettoyer nos pauvres organismes des toxines que notre alimentation superbe y aura accumulées ; c’est le propre d’une société de surconsommation, de suralimentation, de surcharge pondérale, de surcharge émotionnelle, de surcharge d’informations, bref : une société qui se noie, lestée par toutes les surcharges qu’elle accumule.

Il y a le jeûne esthétique, pour maigrir, pour plaire, pour répondre à un canon de beauté absurde mais qui rapporte une fortune à ceux qui le promeuvent. Pour être "belle"? Hmm...des goûts et des couleurs...

Il y a le jeûne des sportifs, des artistes, des danseuses mais pas seulement elles, en vue d'une réussite professionnelle accrue.

Il y a bien sûr le jeûne ascétique, dans certaines cultures philosophiques ou spiritualistes, pour détacher l’esprit des convoitises qui le maintiennent en esclavage. Alors là il s'agit de jeûner pas seulement de nourriture mais aussi de l'hyperactivité professionnelle ou bénévole, du besoin de tout quantifier (y compris le bien que nous pensons "faire"), de nous rassurer par un agenda plein. On peut toujours jeûner de nourriture, de la télévision, des plaisirs futiles, de l’internet, bref : de tout ce dont nous sommes esclaves, mais il y a aussi le jeûne des sens, la garde des sens, du regard, du cœur, de l’imagination, des pensées, par divers moyens ascétiques comme des mantras dans certaines religions, la prière du coeur ou les invocations dans d'autres. De toute notre agitation, il peut convenir quelquefois de prendre du jeûne, donc du repos en vue de la libération de l'esprit.

Le but du jeûne spirituel est de mieux goûter Dieu et sa Parole dans les religions révélées pour jeûner non seulement du péché mais encore des occasions de péché et de nous ouvrir à Dieu, nous ouvrir à l’Amour de Dieu.

Mais a-t-on jamais entendu quelqu’un se proposer de jeûner de Dieu, de jeûner de prière, de jeûner d’aimer ? Jamais. Au contraire, tous les autres jeûnes sont en vue de nous approcher de Lui, de L’aimer. Et si l'on jeûne d'autres choses, c'est pour se trouver dans la Vie de Dieu. 

"Si vous ne mangez pas ce Pain, vous n'aurez pas la Vie en vous". Alors pourquoi devrait-on jeûner du Pain Vivant ?

A-t-on jamais entendu demander à un pauvre du tiers-monde ou du quart-monde dont toute l’alimentation se compose d’un seul repas d’un seul plat, de jeûner ? surtout quand ce "plat" n’est autre qu’un peu de pain ? 

Et faire jeûner notre pauvre âme du Pain quotidien ?

Parler du jeûne eucharistique comme s'il consisterait à ne pas s’approcher du sacrement de l’Eucharistie pour en avoir davantage faim après est un sens torve destiné à cacher la nonchalance de ceux qui n'ont tout simplement pas envie, voire la flemme, d’aller la célébrer dans leur église.

En vérité, au sens propre, originel, le jeûne eucharistique signifie que pendant un certain temps (actuellement une heure) avant la communion, on ne prend aucune nourriture terrestre et on ne boit que de l’eau. C’est cela le jeûne eucharistique. Ce n’est donc pas de jeûner de l’Eucharistie elle-même mais de jeuner de nourriture terrestre pour l'Eucharistie, pour se préparer à l’Eucharistie.

Et ne voilà-t'y pas que maintenant, le terme jeûne eucharistique, il y en a qui ont l'aplomb de l’employer pour signifier la privation de l’Eucharistie, soi-disant pour en avoir faim. En réalité, pour s'habituer à s'en passer, à ne plus en avoir faim.

Ah ! mais de l’Eucharistie, on a faim et soif. La preuve en est, c’est qu’on se lève et on va jusqu’à l’église. On se déplace. On ne la commande pas encore au supermarché. Au contraire, on se fait pauvre comme un mendiant.
Un mendiant qui attend le pain, allez-vous lui demander de faire un jeûne de pain ?

Toi, mon frère prêtre, fais donc ton examen de conscience. Il n’y a pas de Messe le lundi ? Alors, ne mange rien le lundi.
Tu ne le peux pas ?
Alors : pourquoi, toi, serviteur - ministre! - ne Le sers-tu pas, aux âmes comme Il te l'a ordonné ?
Ouvre les yeux et vois le peuple de Dieu mourir délaissé, abandonné dans les campagnes, isolé un à un dans des maisons de retraites « laïques » où tu vas à peine !
Les Messes des autres jours en semaine, tu ne les dis pas pour tout le peuple, autrement tu la dirais le soir. Non, tu l'expédies à 9h du matin, te plaignant qu'il n'y a personne si ce n'est quelques têtes blanches (comme si c'était un crime qu'ils tiennent fidèles jusqu'à la fin ? Tremble plutôt pour toi !). Tu ne vois pas que c'est toi qui prives toute la tranche d'âge active (et les enfants ou encore les lycéens qui, après leur confirmation, iraient peut-être s'il y avait où) de la possibilité même d'aller à la Messe.
Vois : celui qui est fatigué de Dieu et qui revendique de "se reposer" hors de Lui, ce n’est pas le peuple de Dieu. Non : celui qui est nanti et surchargé, c'est toi, "serviteur paresseux, qui affames et maltraites tes compagnons", toi qui veux cesser à ta guise de servir le pauvre, toi qui possèdes le pouvoir de nourrir mais n’en uses pas.
Es-tu devenu écoeuré de Dieu ?
Au sens propre et figuré : sans coeur ... ?

lundi 19 mai 2014

Faut-il manger tous les jours ?


On est lundi, aujourd'hui, toute la journée.
Or, chez moi, toute la journée, les églises sont fermées.
Et toute la journée, moi, j'ai faim.
Parce que, voyez-vous, je mange tous les jours, moi. Le lundi aussi.
Alors, j'avais prévu de faire manger aussi mon âme. Lui donner le Pain vivant, la nourriture, pour que j'aie la Vie éternelle. J'avais prévu cela pour tous les jours. Lundi compris.
"Prenez et mangez-en tous". "Ma chair est vraiment nourriture". Et la nourriture, on a le droit de la prendre chaque jour. Tous les jours. C'est dans les Droits de l'homme. Et le Pain Vivant, on y a droit aussi chaque jour. Tous les jours. Car ça, c'est dans les Droits de l'âme.
J'ai entendu, tenez-vous bien : " faut que les prêtres se reposent".  Mouais - argument very very bad. Surtout de nos jours ! Les chômeurs, eux, passent plus de temps à chercher ce qu'il leur faut pour simplement survivre que les prêtres à dire une messe. D'ailleurs, les curés aussi devraient donner à manger à leur âme. Ils iraient mieux, à tous points de vue.
Non, admettre que toute une région n'ait pas d'eucharistie le lundi, c'est admettre qu'on peut s'en passer.
Si on peut s'en passer le lundi, pourquoi pas le mardi, le mercredi etc.
Alors, "il suffit d'y aller le dimanche" ?
Allons donc ! mangez seulement le dimanche, puis vous m'en direz des nouvelles.
Faut pas s'étonner qu'il n'y ait plus de prêtres s'il n' y a plus de chrétiens à l'église, si les églises sont fermées, si on explique au "bon peuple" avec un brin de condescendance que pour lui le dimanche suffit.
Moi non plus je ne me ferais pas prêtre si je voyais que c'est pour des bancs vides... et que, finalement, ma raison d'être (qui est l'Eucharistie - dixit Saint Jean-Paul) n'est qu'une corvée à assurer le dimanche. Rien que le dimanche.